L’Agriculture des Monts d’Ardèche
L’agriculture des Monts d’Ardèche est faite de contrastes.
Extrêmement riche par sa diversité – de la production oléicole aux plateaux d’élevages allaitants- l’agriculture ne couvre que 20 % du territoire du fait de dynamique de déprise et de blocages fonciers.
La pente constitue l’une des principales contraintes au développement agricole mais les Hommes ont su, au cours des siècles, aménager l’espace et transmettre un patrimoine agraire exceptionnel (châtaigneraies, terrasses, béalières…) aujourd’hui au cœur des enjeux économiques des Monts d’Ardèche.






Autour de la châtaigneraie et de l’élevage extensif, piliers de l’identité du territoire, l’agriculture des Monts d’Ardèche se caractérise par une diversification importante, entre productions méditerranéennes et agriculture de moyenne montagne. Les exploitations y sont en moyenne de petite taille (29,8 ha, contre 64,5 ha de moyenne française au RGA 2020). Elles sont également nombreuses à être engagées dans des démarches de qualité, et cette tendance s’accentue depuis 2010.
En 2020, le territoire compte 1 728 exploitations agricoles, soit une baisse de 18,5 % par rapport à 2010 (2 121exploitations). Cette diminution, bien que notable, s’effectue à un rythme moins soutenu que lors des décennies précédentes. Le secteur représente 2171 ETP, en recul de 15 % sur la période. Près de 47 % des emplois agricoles sont concentrés dans des exploitations de petite taille (PBS entre 25 et 100 k€), témoignant du poids prépondérant d’une agriculture familiale et diversifiée.
Parallèlement, la décennie est marquée par une augmentation nette des formes sociétaires, notamment les GAEC, dont le nombre a doublé de 109 à 210. Cette évolution traduit un besoin accru de mutualisation du travail, de sécurisation économique et de structuration collective.
La SAU atteint 68 754 ha en 2020, en recul de 7 % par rapport à 2010 (73 860 ha). Cette contraction touche surtout les milieux agro-pastoraux et, dans une moindre mesure, les surfaces en vigne. La superficie moyenne par exploitation augmente de 14,3 %, confirmant la tendance à l’agrandissement des exploitations, particulièrement en élevage. Les dynamiques de production varient selon les filières :
- Surfaces maraîchères : légère progression, de 134 ha à 211 ha,
- Cultures fruitières : recul de 13 %,
- Prairies, pelouses et landes : représentent 91 % de la SAU, confirmant la vocation herbagère du territoire.
Le cheptel total s’établit à 52 347 UGB en 2020, en baisse de 7 % par rapport à 2010 (56 323 UGB).
La décennie est marquée par : - une diminution des bovins lait et des ovins/caprins, sous l’effet conjugué d’une conjoncture
défavorable (notamment en filière laitière et ovine) et d’une augmentation des dégâts sangliers, - et un essor du bovin allaitant, devenu le pilier principal de l’élevage local.
Le territoire du Parc est marqué par des contrastes agricoles


Au Nord, les régions des Boutières et du Plateaux de Vernoux, où dominent les surfaces fourragères, restent des régions assez agricoles en dépit de l’extension locale des friches ; mais c’est une agriculture très extensive et vouée à l’élevage mixte à dominante d’ovins. Le châtaignier, les petits fruits (sauvages ou cultivés), ainsi que le maraîchage, complètent souvent des systèmes de production diversifiés. Ces régions font face à des diversités de milieux : on passe facilement des pentes mixtes de landes et de châtaigneraies à des milieux herbagers plus plats (plateau de Vernoux, plateau ardéchois..).
Au Nord-Ouest, la région des Sucs, autour du mont Mézenc et du Gerbier de Jonc, demeure fondamentalement une région d’élevage à dominante bovine, fondée sur des herbages naturels d’altitude et sur une occupation extensive de l’espace. On retrouve sur ce secteur l’AOP Fin Gras du Mézenc.




Au centre, la région de la Haute Cévenne est marquée par une faible emprise spatiale de l’agriculture, et par une orientation économique très extensive où le mouton joue un rôle prépondérant. Les troupeaux sont néanmoins moins nombreux et moins importants qu’en Boutières. Le châtaignier et la myrtille constituent des ressources notables pour ces zones.


Au sud, les régions de la Cévenne Méridionale et du Piémont cévenol se distinguent de la Haute Cévenne par des conditions de milieu plus favorable aux cultures, y compris aux cultures spécialisées. Elles diffèrent aussi par une utilisation plus intensive de la surface agricole, par une orientation culturale, et par une moindre représentation de l’élevage ovin. C’est sur ces secteurs, au pied de la montagne cévenole, que le châtaignier rencontre un autre arbre emblématique du département : l’olivier. La vigne, cultivée en terrasses, couvre une partie importante du piémont où l’on retrouve le Chatus, cépage emblématique des Cévennes.