En plein centre du massif phonolitique du Mézenc-Gerbier, le Suc de Sara est bien visible dans la paysage. Sa forme triangulaire intrigue avec cette grande ligne de crète très fine qui semble partir du fond de la vallée de l’Eysse pour rejoindre le sommet.

Le suc de Sara est le fruit d’un volcanisme un peu particulier et très complexe au milieu de tous ces sucs qui ont une histoire assez similaire. Vous noterez sa forme particulière en croissant : on se trouve face ce qu’on appelle un ring dyke.

Durant le Miocène, la bordure cévenole orientale du Massif central a subi les effets d’importants évènements géodynamiques alpins. Dans le secteur des Boutières, la fracturation tectonique cassante consécutive a fragmenté et provoqué des mouvements ou basculements entre les blocs granitiques ainsi individualisés. Les fractures ainsi ouvertes autour des blocs granitiques ont été les voies par lesquelles des montées magmatiques ont fait intrusion et sont arrivées très près de la surface. Le ravin de l’Eysse a profondément incisé le filon intrusif de magma hyper-alcalin qui constitue la racine du Suc de Sara et permet les observations des contacts.

La roche magmatique dans la partie centrale et au bas du filon annulaire de Sara a tous les caractères d’une microsyénite néphélinique (roche intrusive), alors que dans la partie haute du filon annulaire, elle montre les caractères d’une lave phonolitique (roche effusive). La structure de Sara sur le terrain est découpée en plusieurs segments : le suc de Sara, le suc de la Veine, le filon de Prévenchères et le suc de Touron. Les intrusions de ces multiples segments n’ont pas été obligatoirement simultanées.

De dimension plus modeste que le Suc de Sara, le rocher des Pradoux est formé d’un second filon phonolitique annulaire qui se referme en continu à la manière d’un fer à cheval, ouvert vers le Nord. Ce filon annulair  présente une forme en « fer à cheval » particulièrement représentative d’un ring dyke, qu’il est aisé d’observer dans le paysage.