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Jardinons sans pesticides : des pratiques pour un sol vivant

Publié le 15 octobre 2012

Retour sur la 3ème rencontre au jardin

Thème : "Des pratiques pour un sol vivant - identifier son sol, connaître son fonctionnement et adapter son travail", aux jardins de Chirols le dimanche 1er juillet 2012.


Les participants

26 personnes ont participé à cette journée, placée une nouvelle fois sous le signe de la pluie... Premier constat : grâce aux rencontres organisées par le Parc, la sécheresse ne sévit pas encore en Ardèche !

Second constat : le nombre important de participants montre l'intérêt des habitants à la problématique du jardinage sans pesticides. Cela nous permet également d'expérimenter un nouveau proverbe : Pluie d'été n'arrête pas le jardinier !

 

On débute la journée par la visite des jardins en terrasses

Naka, notre jardinier du jour nous fait visiter sa belle parcelle, mise à disposition par la mairie de Chirols. Beaucoup d'associations végétales et de nature spontanée caractérisent ce jardin, adossé à la montagne.

Puis on entre directement dans le vif du sujet : qualité du sol et travail de la terre

Des p'tits trous, des p'tits trous... Valo, notre expert en jardinage, creuse un trou dans la terre pour expliquer les différents types de sol : l'odeur, la texture, la couleur sont des premiers indicateurs. Quand on a une bonne odeur de sous-bois, cela prouve que le sol est riche en humus. La façon dont les racines s'enfoncent dans le sol est aussi un indicateur. Si les racines restent en surface, le sol est compacté et mal aéré. Les vers de terre sont peu présents et l'eau pénètre difficilement dans le sol. Si les racines sont présentes en profondeur, le sol est riche et vivant. Les vers de terre sont nombreux et l'eau de pluie pénètre facilement. L'observation des plantes bio-indicatrices nous renseignent également sur la nature du sol.

Je greline, tu grelines, il greline... (JPEG) Valo fait ensuite une démonstration d'utilisation d'aérobêche (son autre petit nom est la grelinette) pour expliquer le travail du sol. Cet outil permet d'ameublir la terre sans la retourner, contrairement à une bêche, en préservant l'écosystème du sol.

Petit truc pour jardiniers fainéants Les engrais verts semés à l'automne (vesce, féverole, seigle...) travaillent le sol à la place du jardinier pendant la saison hivernale ! Le seigle permet par ex., avec ses racines de 60 cm, de morceler le sol, de remonter les composants à la surface et d'étouffer les herbes indésirables.

Le jeu des questions-réponses Valo aborde ensuite les thèmes du jardinage écologique à travers les différentes questions des participants. Morceaux choisis : Qu'est-ce que le BRF ? Le Bois Raméal Fragmenté est un mélange de résidus de broyage de rameaux de bois frais. Par son apport en lignine, il favorise le développement d'humus. On le place sur le sol à l'automne et on incorpore au printemps suivant. Le problème, c'est qu'en Ardèche, comme les hivers sont secs, on est obligé d'arroser le BRF donc on consomme de l'eau. Il est préférable d'utiliser la taille de haies (fines branches + feuilles) pour un bon équilibre du sol.

A quoi cela sert de protéger le sol ? Une protection du sol (paillage, broyat) permet de casser les gouttes de pluie et évite le lessivage des sols. (JPEG) Comment repousser les animaux indésirables ? Les bogues de châtaigne placées autour des plantes ou semis sont un bon moyen.

Peut-on se débarrasser des "mauvaises" herbes avec une bâche placée sur le sol ? Une bâche asphyxie le sol. Il est préférable de mettre en place la technique des patates-carton. Quésaco ? On recouvre la parcelle de cartons, puis de matière végétale (paille ou foin). Ensuite on fait des trous dans les cartons dans lesquels on place les pommes de terre sans les enterrer. Celles-ci en grandissant vont se nourrir des plantes indésirables. Quand on souhaite récolter, on enlève les cartons et le paillis et on ramasse les patates qui se sont développées entre le sol et le carton. La parcelle est ainsi débarrassée des "mauvaises herbes" et préparée pour une autre culture.

Déjà l'heure du déjeuner. Tout le monde se rassemble dans la belle salle mise à disposition par les Co'pains pour échapper à la pluie. (JPEG)

L'atelier pratique de l'après-midi animé par Annabelle et Valo

3 petits groupes se forment autour des tables pour analyser la terre que chacun a pris soin d'apporter. Commence alors une série d'expériences...

Observation de la terre : (JPEG) Quelle est la couleur et l'odeur de la terre ? Colle-t-elle aux doigts ? Est-elle constituée de sables, de graviers, de cailloux ? La texture : il s'agit des éléments qui composent le sol : sable, gravier, limon, argile. La structure : c'est la manière dont ces éléments sont agencés. On peut avoir une structure sableuse, compacte, grumeleuse (qui ressemble à du couscous)...

Test à l'eau oxygénée : présence ou non de matière organique Mettre un peu de terre dans une coupelle et verser quelques gouttes d'eau oxygéné dessus. S'il y a présence de matière organique, celle-ci va réagir avec l'eau oxygénée (H2O2) pour donner notamment du CO2 (dégagement gazeux). Si de petites bulles apparaissent sur un court instant, cela signifie la présence de matière organique peu stable et en petite quantité. Si les bulles sont grosses et l'effervescence dure dans le temps avec fort dégagement gazeux, la matière organique est en trop grande quantité. L'idéal est entre les deux. S'il n'y a pas de réaction, la terre est pauvre en matière organique. (JPEG)

Test à l'acide chlorhydrique : présence ou non de calcaire Mettre un peu de terre dans une coupelle et verser quelques gouttes d'acide chlorhydrique dessus. Si la terre contient du calcaire, ce dernier réagit avec l'acide pour donner du CO2 (dioxyde de carbone) sous forme de dégagement gazeux. Si la terre n'est pas calcaire, il n'y a aucune réaction. (JPEG)

Test de l'eau On fait un boudin avec de la terre et de l'eau. Si l'on y parvient, le sol contient de l'argile. Si ce n'est pas possible, le sol contient moins de 10% d'argile.

Percolation Elle permet de déterminer la perméabilité du sol. On prend une bouteille que l'on coupe en deux. On garde la partie supérieure et on fait des petits trous dans le bouchon. On place cette demi-bouteille dans un verre, le goulot en bas. On met de la terre dans le goulot, puis on arrose abondamment. Si l'on récupère très peu d'eau au fond du verre et qu'il en reste au-dessus de la terre, cela signifie que le sol se compacte et que l'eau ruisselle en surface : la terre est battante (pauvre en humus). Si l'on récupère de l'eau dans le verre, la terre absorbe bien l'eau. Deux cas de figures ensuite : soit l'eau dans le verre est trouble et cela signifie que les minéraux sont lessivés par la pluie donc le sol est peu structuré ; soit l'eau est claire et le sol garde ses éléments nutritifs, ce dernier a donc une bonne structure et est vivant.

Sédimentation Ce test permet de connaître le pourcentage de chaque catégorie de particules qui composent un sol. On remplit un bocal avec de la terre et on complète avec de l'eau déminéralisée. On ferme et on agite énergiquement. Puis on laisser reposer. Au bout de plusieurs heures voire plusieurs jours, on peut mesurer en millimètres les différentes hauteurs, de haut en bas : graviers, sables, limons, argile, matière organique. Et établir le pourcentage de chaque particule dans le sol. (JPEG)

Mesure du pH à l'aide d'un PH mètre Si le pH est inférieur à 7, le sol est acide. si le pH est supérieur à 7, le sol est alcalin. L'idéal pour le jardin est d'avoir un pH compris entre 6,5 et 7,5.

Si l'on a un sol avec un pH inférieur à 6,2, on apporte 5 kg d'algues calcaires ou carbonate de calcium par m3 de compost. Si le pH est compris entre 6,2 et 6,7, on apporte 3 kg d'algues calcaires par m3 de compost. Entre chaque culture, on sème des engrais verts comme le sarrasin qui améliore les sols acides. Si l'on a un pH supérieur à 8, on peut apporter du compost de matières acides (aiguilles de pin...).

Encore une rencontre riche d'idée et d'astuces pour jardiniers avertis et passionnés !

Un grand merci aux Co'pains, à Naka, à Annabelle et au Comité d'Animation de Chirols pour cette belle journée.

Article rédigé par Delphine Dacher, Association Savoirs de Terroirs

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