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« De fil en fil au jardin, tisser des liens » par YZO. Retour en images sur la journée à la Maison du Parc.

Publié le 30 mars 2016

Retour en images sur la 9ème et dernière journée de la saison « Artistes en herbe : tous au jardin ! » sur le thème « De fil en fil au jardin, tisser des liens : créations symboliques et jeu corporel collectif » par Yzo, artiste forgeronne explorant ici son thème favori qu’est la relation de l’homme à la nature.


Aujourd’hui, dernier dimanche de la quatrième saison d'animations « Accueillons la nature au jardin ! », une fréquentation clairsemée. Seulement cinq adultes et six enfants malgré le beau temps. Aujourd’hui, c’est Yzo qui nous revient. Artiste locale de Jaujac elle est forgeronne, façonne son univers de sculptures sur métal et explore depuis longtemps dans ses oeuvres la relation de l’homme à la nature.

De son précédent passage au mois de juin dernier, on peut admirer quelques sculptures en bois trônant encore dans le jardin, des animaux fantasmagoriques qui défient encore le temps. « Je travaille et je crée avec le métal, mais là je vais vous faire découvrir une autre façon de voir la nature, précise-t-elle. Nous allons aborder la notion de lien avec la nature, même si parfois elle est très distendue de nos jours, le lien entre nous aussi. »

La première partie de cette animation est la collecte d’éléments naturels pour la création de mobiles qui seront assemblés uniquement avec de la ficelle car cette dernière est biodégradable. « Nous allons chercher des petits trésors dans la nature, comme quand j’étais enfants et qu’après chaque promenade je revenais les poches remplies de cailloux, se souvient-elle. Dans les mobiles entre ces trésors nous tendrons des ficelles qui seront comme des liens, ou plutôt des métaphores des liens. »

Nous partons donc tous en direction du volcan. Le petit chemin et ses abords sont sources de quête de ces petits trésors. À cet instant les yeux et l’imagination sont plus importants que tout. « Plus les bouts de bois ou autre élément sont tordus, plus le mobile sera original, explique Yzo. En tant qu’être humain, nous avons tendance à reproduire les formes que nous connaissons et qui nous rassurent, mais en prenant ces éléments vraiment tordus, notre imagination créative se lâche et nous nous surprenons à inventer des formes plus inattendues. »

Bien sûr, tout peut être un petit trésor, tout ce qui est au sol, tout ce que nous offre la nature, même un déchet laissé par un humain peut susciter l’inspiration. La seule contrainte donnée par Yzo et à la fois interdiction est le prélèvement du vivant. Alors ne rien couper qui soit vert, gorgé de sève, impose aux sécateurs de rester au fond des poches et de se retrouver recouverts par les petits trésors.

Petit à petit la collecte se fait récolte. Des sacs auraient été fort utiles pour l’entasser… Les bras chargés nous revenons dans la cour du château.

Pommes de pin, cailloux, morceaux de bois, brindilles, feuilles, lichen et écorces sont déposés autour des tables en bois de la cour intérieure. Il ne manque que des plumes ! Les adultes aident les enfants, voire plus, à la création des mobiles en volume et à plat. Une bonne idée pour booster l’inspiration : on prend tous les éléments en main et on les laisse tomber sur le sol ; la façon dont ils sont alors disposés indique les lignes à suivre et le modèle du futur mobile.

Là, un mobile se transforme en statue, un peu plus loin, un autre prend du volume et accueille un bouquet au centre d’une structure en bois fin. Les ficelles jouent pleinement leur rôle de lien. Les formes harmonieuses se balancent dans l’espace.

Les mobiles ne sont pas achevés, mais l’heure de déjeuner arrive. La pause est sacrée et nous y sacrifions, installés sous le soleil baignant la cour.

La pause autour de la table s’est étalée un peu en longueur, une fois n’est pas coutume, café et gâteau d’anniversaire pour Estéban ! Le sourire est sur les lèvres, mais le soleil s’est caché. Il est temps de se remettre dans le droit chemin. Les mobiles finis, une petite photo, et arrive le temps du jeu collectif.

De nouveau au cœur du jardin, Yzo explique ce qu’elle attend de chacun, ou plutôt ce qu’elle imagine. « Nous allons illustrer la notion de tisser des liens en fabriquant une toile d’araignée avec de la ficelle. » Alors chacun attache le bout d’une pelote où il souhaite et tous partent dans tous les sens. Un joyeux désordre. Les ficelles se croisent et s’entrecroisent, se nouent, s’emmêlent, certains se retrouvent ficelés sur place tandis que d’autres poursuivent leur course. Aucune règle n’est fixée pour cette première expérience, on entre dans l’action et ensuite on observera et analysera le résultat. À ce moment peut-être que quelques uns trouveront utiles de définir un fonctionnement simple mais indispensable.

Chose dite, chose faite : ce n’est pas vraiment une toile d’araignée qui se dessine dans l’espace du jardin. « Le fait de n’avoir aucune règle exprime la diversité, sourit Yzo, mais dans ce cas, le lien qui aurait dû relier a servi plus à attacher et à contraindre. »

Nouvel essai, quelques règles dont une seule sera au final respectée : se répartir autour d’un carré. Les enfants sont trop excités, les adultes trop dissipés. Après un quart d’heure d’un défoulement désordonné, le résultat n’est peut-être pas celui attendu. Il est ce qu’il est. « Tisser des liens, c’est se réunir, se rassembler, mais encore une fois ici c’est s’attacher et se contraindre au final, observe Yzo. » Envisager le lien sous un aspect positif semble compliqué. Envelopper amicalement une personne de sa ficelle en la laissant libre de ses mouvements n’est pas exécuter un tour mort autour de son corps pour l’immobiliser. Le geste peut être le même mais l’intention est toute différente. Le non respect des consignes prouve que la liberté pour tous n’assure pas la liberté de chacun. Le non respect des règles que nous n’avons d’ailleurs pas vraiment réussi à définir clairement à l’avance n’a pas aidé à résoudre la certaine et débonnaire anarchie du premier essai. « Avant de vouloir tisser des liens, il aurait sans doute fallu apprendre à mieux communiquer, affirme Christine, une participante dubitative. Il fallait se mettre d’accord sur un objectif commun. Et puis nous n’étions pas tous dans les mêmes besoins. »

Cette expérience démontre à quel point il est difficile de fonctionner ainsi en commun entre personnes et générations. Il serait bon de prendre le temps de réfléchir à ce qui s’est déroulé dans ce jardin et d’en faire le parallèle avec le fonctionnement général dans la vie quotidienne de notre société… Les discussions entre adultes se développent et se nourrissent des réflexions de chacun tandis que les enfants continuent à s’attacher, essayer de se dominer. Nous finissons cette saison « Accueillons la nature au jardin ! » sur une note très philosophique et pourtant tellement essentielle.

La nourriture de l’esprit, aussi séduisante soit-elle, n’est pas suffisante. L’heure des brioches et des jus de fruits a sonné. Dernier goûter de la saison et rendez-vous dès le dimanche 24 avril à Saint-Pierreville pour la première journée de la cinquième saison sur le thème des insectes au jardin. Retour à la terre et délocalisation seront au programme de cette nouvelle année !

Découvrez le programme de cette nouvelle saison ici !

Texte et clichés : Encres en ScènE

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Chargé de mission : Nicolas Dupieux

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